Les risques psychosociaux

Les trois niveaux de prévention

La Prévention primaire 

 

A ce niveau, la prévention intéresse le collectif.

 

Elle est centrée sur le travail et son organisation, on pourrait dire qu'à ce niveau on agit directement sur les stresseurs comme le bruit, les malpositions dues à du matériel inadapté au bureau, des écrans d'ordinateur mal positionnés ou d'une luminosité inconfortable.

 

On va aussi, à ce niveau, observer d'autres sources de stress comme la façon dont les informations sont transmises, quelles sont les règles de communication etc.

 

L'entreprise émet nombre de procédures qui tentent à leur manière de codifier la façon dont l'ensemble des acteurs de l'entreprise devrait se comporter idéalement.

 

Mais la plupart du temps, du fait du caractère analytique et linéaire des procédures, on oublie que celles-ci ne peuvent en réalité englober toutes les conduites et comportements idéaux des êtres humains tant ces éléments sont vastes et complexes, relevant du cognitif, de l'émotionnel et du relationnel donc plutôt irrationnels.

 

En effet ces comportements sont difficilement codifiables (en dehors d'un code de bonne conduite qui ne saurait de toute façon à lui seul couvrir l'ensemble des attitudes et comportements bénéfiques, variables eux aussi selon les contextes, les cultures, les personnalités).

 

La prévention primaire est donc une intervention de diagnostic dans laquelle une sorte d'état des lieux des risques psychosociaux est réalisée. On y mettra notamment en place un groupe projet, on y fera la collecte d'indicateurs permettant l'évaluation des process dans l'entreprise comme le turn over des employés, le nombre d'arrêts de travail, les plaintes, les grèves, etc.

 

Différents moyens sont mis en place pour faire cette collecte comme par exemple les entretiens individuels, les questionnaires, les vidéos , etc.

 

On pourra donc évaluer aussi  les stratégies de communication, le management, le poste de travail, la définition de la fonction etc. Cette intervention suit les recommandations de l'ANACT et de l'INRS.

 

 

La Prévention secondaire

 

C'est là que d'autres actions collectives prennent toute leur dimension avec la mise à disposition des acteurs de l'entreprise d'apprentissages nouveaux dans des domaines où ils n'ont pas reçu d'enseignement.

 

En effet la plupart des gens ne savent pas vraiment ce qu'est le stress, ne savent pas l'identifier ni le gérer tout comme ils ne connaissent pas vraiment les régles d'une communication optimale, cela ne faisant pas partie des cursus scolaires ou universitaires ni de la formation continue.

 

Pourtant cela est la base de relations collectives saines permettant d'augmenter la performance des entreprises.

 

Ici on mettra donc en place :

 

Des  ateliers de gestion du stress intégrant des rappels tant physiologiques que psychologiques, des ateliers de communication (gestion des conflits, communication stratégique) ou autres ateliers comme des ateliers de team building et de cohésion d'équipe.

 

Là il s'agit de renforcer les capacités des personnes à résister au stress.

 

Pourront être apprises les différents mécanismes des différents stress dont la qualité de la communication interpersonnelle et la gestion des conflits naissants ou installés.

 

Ici il s'agit réellement encore de prévention, on propose aux cadres, managers, dirigeants, des outils leur permettant d'augmenter leur "force psychologique", d'améliorer leur communication.

 

Un management idéal est de savoir faire faire aux personnes que l'on encadre ce pourquoi ils ont été embauchés tout en leur permettant d'en retirer du plaisir, de la reconnaissance et de la motivation. 

 

 

La Prévention tertaire 

 

A ce niveau il est presque délicat de parler encore de prévention.

 

En effet on a affaire soit à un invidu en souffrance soit à une équipe en souffrance. On flirte avec la pathologie qui appartient aux médecins et aux psychologues. Jusqu'où l'entreprise peut-elle et doit-elle s'impliquer à ce niveau ?

 

Nous nous plaisons à penser que l'entreprise est comme une famille et si un des membres de notre famille souffre, nous ne l'abandonnons pas sur le chemin. C'est la même chose pour la famille de l'entreprise.

 

Un coup de pouce à une personne ou une équipe qui s'égare et souffre mérite une attention particulière pendant un laps de temps afin de lui permettre de recouvrer des forces et de réintégrer la famille en meilleure forme.

 

Quelqu'un par exemple présentant une addiction à l'alcool peut créer des perturbations notables au sein du fonctionnement de l'entreprise.

Même si cette personne ne présente pas de signes d'ivresse sur le lieu du travail ( ce qui autoriserait une action directe de ses supérieurs qui ont alors le droit de prendre des mesures à son encontre), cette personne peut présenter des déficiences tant physiques que relationnelles néfastes pour le collectif.

 

On est donc en droit de se demander si l'entreprise, dans la mesure où elle intervient au niveau secondaire par des mesures d'information, de sensibilisation et au niveau tertiaire en proposant un accompagnement vers un processus de sevrage, n'agit pas réellement en tant que soutien du collectif pour l'ensemble de ses acteurs.

 

Les méthodes de soutien spécifiques de la communication stratégique et de la communication éricksonienne pourront être salutaires pour permettre l'expression de la souffrance ce qui est déjà un excellent moyen de la régler en partie, pourvu que ce travail soit effectué par des professionnels.

 

Par la suite, la poursuite du soutien spécifique à un ou plusieurs individus ou à une équipe toute entière permettra souvent la réintégration dans l'entreprise de ces personnes et leur réinsertion dans les objectifs de performance.

 

Les types d'actions, en dehors de l'accompagnement individuel spécifique qui est à ce niveau le plus représenté sont la mise en place de cellule d'écoute pour les salariés en grande difficulté, mais aussi des séances en groupe quand il s'agit d'une équipe.